Protocoles, symboles et cérémonies

L’approche de l’Enquête nationale respecte les protocoles, les symboles et les cérémonies. Ces dernières comprennent l’allumage du qulliq, l’utilisation du panier en osier rouge et l’échange de cadeaux de réciprocité.

La Commissaire Qajaq Robinson, à gauche, et Barbara Sevigny, à droite, regarde l’allumage du qulliq par l’Aînée Rebecca Veevee lors de l’Audience de Gardiens du savoir et d’experts sur le cadre des droits de la personne en mai 2018.

La commissaire Qajaq Robinson, à gauche, et Barbara Sevigny, à droite, regardent l’Aînée Rebecca Veevee allumer le qulliq lors de l’audience de Gardiens du savoir et d’experts sur le cadre des droits de la personne en mai 2018.

Qulliq

Le qulliq (lampe inuite) est intégré au processus de consignation de la vérité. Il symbolise la force et l’amour des femmes inuites, ainsi que les soins qu’elles prodiguent. Le qulliq représente la source de lumière et de chaleur que l’on retrouve dans l’âtre. La lampe est un cadeau fabriqué par le mari pour sa femme ; celle-ci devient ainsi gardienne de la flamme.

Faite à partir de pierre de savon, la lampe est conçue en forme de demi-lune et sert de récipient pour l’huile. Celle-ci y est versée, puis un mélange de suputi (coton de l’Arctique) et de maniq (mousse) est délicatement placé le long de la rainure. Cette mèche absorbe l’huile et peut ensuite être allumée. Une fois allumée, la mèche brûle tranquillement et la gardienne de la flamme doit l’entretenir occasionnellement avec un outil en forme d’hameçon, le taqquti.

En entretenant sa flamme, les femmes inuites ont utilisé la lampe comme source de chaleur et d’énergie. Le qulliq s’est révélé utile pour toute la famille, car c’est grâce à sa lumière et à sa chaleur que les peuvent coudre des vêtements chauds pour leurs proches, cuisiner, faire sécher les vêtements, faire fondre la glace et faire bouillir de l’eau.

Nous allumons le qulliq à chaque audience communautaire du processus de consignation de la vérité et à d’autres moments que les participants inuits jugent appropriés. Nous souhaitons que la lampe éclaire le parcours des familles et des survivantes.

Panier en osier rouge

La Commission d’enquête intègre le panier Miskwaabimaag (panier en osier rouge) à chacune des audiences comme symbole du processus de consignation de la vérité. Pour de nombreux peuples autochtones partout dans le monde, les paniers servent à récolter des choses qui favorisent la mino-biimaadiziwin (la bonne vie de tous les êtres vivants, selon les enseignements anishinaabe). Ce symbole autochtone est couramment utilisé pour illustrer la « cueillette ».

Panier en osier rouge

Le panier en osier rouge représente les femmes et symbolise notre lien continu avec la terre, la langue et la culture par l’entremise des cérémonies et des enseignements de nos Grands-mères ou de nos Aînés.

Il constitue un rappel concret du rôle important que jouent les femmes dans la création, le renforcement et la réparation des relations dans le cadre du processus de réconciliation. Ce panier contiendra toutes les vérités recueillies par les commissaires pendant les travaux de l’Enquête nationale. Les vérités sont considérées comme des enseignements qui guideront notre travail collaboratif vers une meilleure vie collective.

Le panier en osier rouge de l’Enquête nationale a été réalisé par un groupe de femmes autochtones au Manitoba, à savoir le collectif Miskwaabiimaag (collectif de l’osier rouge). Ce dernier l’a offert en cadeau à l’Enquête nationale afin d’aider les commissaires à honorer les récits des proches, des familles et des survivantes de la violence.

Dons de réciprocité

L’Enquête nationale offrira aussi des cadeaux de réciprocité à tous ceux et celles qui participeront au processus de consignation de la vérité. Ce cadeau symbolise la relation que nous souhaitons entretenir avec les personnes qui nous feront part de leur vérité propre.

Don de cadeaux

Dans de nombreuses sociétés autochtones, le don et la réciprocité sont des éléments importants pour bâtir et maintenir de bonnes relations. La réciprocité reconnaît l’échange mutuel d’avantages ou de privilèges, qui s’exprime par l’échange de cadeaux. En somme, les histoires que les personnes nous racontent sont des cadeaux qui aideront de façon significative l’Enquête nationale. Ces histoires doivent donc être reconnues, respectées et traitées comme des dons.

Pour les Inuits, l’Enquête nationale offre de la linaigrette communément appelée coton de l’Arctique (suputi) et du thé du Labrador (mamaittuquti). La linaigrette permet de garder le qulliq allumé, tandis que le thé du Labrador peut être consommé en tout temps, même si, traditionnellement, il est utilisé comme remède pour soulager les rhumes et les maux d’estomac.

Nous offrons des semences aux participants métis et des Premières Nations. Tout comme nous voulons que l’Enquête soit le début d’une relation continue, nous espérons que ces semences prendront racine et continueront de croître. Nous souhaitons que les familles et les survivantes qui le souhaitent nous tiennent au courant de l’évolution des semences au moyen de photos, sur les médias sociaux ou en personne. À cet effet, nous avons décidé d’offrir divers types de semences en fonction des régions : fraise, sauge blanche, aster azuré, myosotis, épilobe à feuilles étroites et achillée blanche.