Commémoration, art et éducation

La commémoration, l’art et l’éducation font partie intégrante du processus de consignation de la vérité, de la guérison et de la réconciliation.

Les œuvres d’art sont de puissants outils de commémoration permettant, notamment, d’envoyer des messages d’espoir ou qui illustrent la perte, de résilience ou de réconciliation.

Elles peuvent aussi servir à faire connaître la vérité et à transmettre des connaissances à un vaste public. Pour un artiste, la création d’œuvres d’art peut être un moyen de guérir d’une expérience traumatisante et même de stimuler l’action. Qui plus est, l’art sert de tribune à ceux qui, autrement, pourraient ne pas avoir l’occasion de raconter leur histoire.

La Commission d’enquête a adopté les principes directeurs de la Commission de vérité et réconciliation sur la commémoration, énoncés ci-dessous, pour élaborer et mettre en oeuvre ses propres initiatives de commémoration :

  • Les survivantes doivent participer activement aux projets et formuler des conseils et des recommandations;
  • Les projets doivent renforcer la mémoire des familles et des communautés et intégrer l’histoire et les séquelles des pensionnats indiens à la mémoire collective canadienne;
  • Les projets doivent contribuer à la guérison des peuples autochtones pendant leur processus de réappropriation identitaire et de revitalisation culturelle axée sur la nature.

Nous continuerons à travailler avec les familles, les survivantes, les organisations et les gouvernements à l’élaboration de plans visant à honorer la mémoire des femmes, des filles et des membres des communautés 2ELGBTQ autochtones qui ont succombé à la violence.

Le logo de l'Enquête nationale

Le logo de l’Enquête nationale, conçu par l’artiste Meky Ottawa, donne une nouvelle interprétation aux racines traditionnelles de l’expression et de l’autonomisation des femmes autochtones. Il présente les symboles traditionnels des femmes des Premières nations, métisses et inuites.

De tout temps, les femmes autochtones ont été des conteuses. Par la décoration des coquillages, le perlage et le tissage, elles ont assuré la transmission du savoir autochtone de génération en génération. Pour ce faire, des imprimés floraux sont souvent utilisés, bien que les symboles retenus varient d’une nation à l’autre.

Les points à l’intérieur de la fleur et des feuilles du logo mettent l’accent sur la symétrie, l’équilibre et l’harmonie, et l’utilisation des lignes reliées représente notre interdépendance, les liens qui nous unissent les uns aux autres. Les lignes noires et les points noirs qui relient le tout représentent les tatouages traditionnels des femmes inuites.

PROJETS EN COURS :

Le Service des archives autochtones

Le Service des archives autochtones a pour mission de recueillir différentes expressions artistiques par l’entremise de dons (provenant de membres de familles qui ont perdu un être cher, de survivantes intergénérationnelles et d’autres personnes oeuvrant à la réconciliation), de projets d’éducation du public et d’acquisitions auprès d’artistes et de conteurs qui ont à cœur ce sujet.

Chacune de ces expressions artistiques raconte une histoire vécue, une vérité propre, tout en permettant le partage et la sauvegarde de la culture et du savoir autochtones. Elles constituent à la fois des outils de lutte contre le racisme et les préjugés issus du colonialisme, un véhicule de sensibilisation aux réalités autochtones et un catalyseur de l’engagement auprès des autochtones. Ces œuvres portent la voix de l’artiste-créateur et traduisent, sur le plan émotionnel, son savoir et ses réflexions à l’égard de la tragédie des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. La collection d’œuvres d’art du Service des archives autochtones permet d’avancer sur le chemin de la guérison et de rendre hommage aux peuples autochtones qui ont souffert des traumatismes engendrés par la colonisation.

La collection du Service des archives autochtones compte actuellement 385 œuvres. Et elle continue de croître. Parmi ses œuvres variées, qui comprennent de la musique sous forme numérique, des poèmes, des peintures, des gravures, des livres, des courtepointes et diverses formes d’artisanat, on trouve de véritables perles : un modèle réduit d’une charrette de la rivière Rouge, un hochet sacré, un sac de remèdes tradionnels à l’effigie d’une tortue, des ceintures fléchées métisses, des Miskwaabimaag (des paniers sacrés faits de rameaux de saules rouges), une couverture étoilée assortie d’un capteur de rêve et d’un bâton de parole ainsi qu’une statue comprenant 1 200 pierres polies sur lesquelles sont gravés les noms des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.

À l’avenir, des gens du monde entier pourront en apprendre davantage et admirer ces œuvres en personne ou sur le Web. L’Enquête nationale souhaite que ces expressions artistiques permettent de sensibiliser et d’éduquer le public, d’alimenter les recherches universitaires et d’encourager les populations du monde entier à s’informer et à combattre les terribles injustices dont sont victimes les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQ autochtones en s’appuyant notamment sur les recommandations de l’Enquête nationale.

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Se servir de l’Expression Artistique pour révéler la Vérité

 

Le projet de réAppropriation autochtone

Le projet de réAppropriation autochtone souligne l’importance de se souvenir du passé tout en se réappropriant activement les éléments centraux de la culture autochtone, comme les valeurs autochtones et les enseignements sacrés. Il permet aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones de tisser des liens entre elles, de renouveler leur rapport au territoire et de renouer avec les enseignements sacrés. La devise de l’Enquête nationale – trouver la vérité, honorer la vérité et donner vie à la vérité – est au cœur de ce projet à portée nationale dont l’objectif est de réaffirmer la présence et le pouvoir des Autochtones sur le territoire comme outils de réappropriation du féminin sacré, de promotion de la sécurité et du mieux-être et de transformation du discours sur les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones. Ce projet donne l’occasion aux familles, aux femmes et aux jeunes de se rassembler et de renouer avec le savoir matrilinéaire et de s’empreigner des enseignements sacrés sur différents sites autochtones de Turtle Island.

Mis sur pied par l’artiste métis de renom Jaime Black, ce programme sera disponible dans plusieurs sites à travers le pays qui ont été désignés « sites sacrés » en raison du savoir et des enseignements traditionnels qu’on y retrouve. Les sites sacrés ont été la cible d’actes de vandalisme et de désacralisation au cours des dernières années. En plus de favoriser le partage et l’apprentissage, ces ateliers permettront donc de réaffirmer de manière tanglible la présence des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones sur le territoire. Nous espérons que ce programme favorisera l’émergence d’autres initiatives semblables qui se poursuivront après la fin des travaux de l’Enquête nationale et qu’ils offriront une nouvelle façon d’interpeller les êtres chers qui nous ont quitté et de reconnaître leur importance et la contribution de leur caractère sacré dans la vie de nos communautés et dans nos cérémonies traditionnelles.

 

Leurs voix nous guideront

L’Enquête nationale a lancé une initiative de consultation et d’éducation du public intitulée Leurs voix nous guideront. Ce projet vise à stimuler la pensée critique, la réflexion et le dialogue à l’égard des perceptions et des réalités vécues par les femmes, les filles et les membres des communautés 2ELGBTQ autochtones. Il vise également à fournir aux étudiants et aux enseignants des occasions d’apprentissage pertinentes sur la contribution qu’apportent les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones au sein de leur famille, de leur communauté et sur le plan national tout en mettant en lumière leur force, leur capacité d’action et leur résilience. De nombreux étudiants, enseignants, jeunes et autres contributeurs ont participé activement à la mise sur pied du projet. Le guide élaboré dans le cadre de ce projet aidera à mettre en lumière des zones encore sombres de notre histoire collective telles que les répercussions du colonialisme et du racisme sur la vie des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQ autochtones ainsi que sur leurs familles, leurs communautés et leurs nations.

Dans le cadre de différents projets pilotes découlant de cette initiative, une équipe de l’Enquête nationale s’affaire présentement à recueillir et à intégrer les commentaires d’enseignants et de jeunes. Nous croyons fermement que c’est par l’éducation – la nôtre, celle de nos enfants, des membres de nos communautés et de l’ensemble des Canadiens- que nous pourrons réellement changer la société et accomplir ce que nous souhaitons. Une façon d’y parvenir consiste à partager les messages de jeunes et d’enfants qui ont réalisé différentes activités contenues dans le guide. Ces jeunes nous invitent à faire preuve de résilience et d’espoir et à nous souvenir des êtres chers disparus et à leur rendre hommage. Les œuvres soumises par les écoles sont ajoutées telles quelles au Service des archives autochtones, de même que les discussions sur son contenu émanant d’organisations, de familles et d’enseignants.