Notre mandat,
notre vision,
notre mission

Le mandat de la Commission d’enquête

La Commission d’enquête doit se pencher sur les causes systémiques de toutes les formes de violence – y compris la violence sexuelle − à l’égard des femmes et des filles autochtones, et faire rapport à cet égard. Nous devrons examiner les causes sociales, économiques, culturelles, institutionnelles et historiques sous-jacentes qui contribuent à perpétuer la violence envers les femmes et les filles autochtones au Canada et qui accentuent leur vulnérabilité. En outre, il nous faudra enquêter sur les politiques et les pratiques institutionnelles mises en place pour réagir à la violence, y compris celles qui permettent de réduire la violence et de renforcer la sécurité, et faire rapport à ce sujet.

Malgré le fait que le titre officiel de l’enquête soit « Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées », notre mandat est beaucoup plus large encore et porte sur toutes les formes de violence. En ne limitant pas l’enquête aux cas de femmes disparues ou assassinées, nous pouvons inclure les femmes et les filles qui sont décédées dans des circonstances suspectes et nous pencher sur des questions comme les agressions sexuelles, la violence faite aux enfants, la violence familiale, l’intimidation, le harcèlement, le suicide et les actes autodestructeurs. Ces violences sont interreliées et peuvent avoir des effets tout aussi dévastateurs.

En outre, l’élargissement du mandat au-delà des meurtres et des disparitions offre à plus de survivantes un lieu où raconter leur histoire. Grâce à ces personnes, nous pouvons regarder vers l’avenir en prenant appui sur une assise faite d’expérience, de résilience et d’espoir.

Notre vision

Les femmes et les personnes bispirituelles sont traditionnellement vues comme des êtres qui donnent la vie et offrent des soins. Voilà pourquoi nous affirmons que « nos femmes et nos filles sont sacrées ». Toutefois, on continue d’accorder de moins en moins d’importance aux femmes et aux filles autochtones, y compris les membres des communautés 2ELGBTQQIA. Elles sont trop nombreuses à avoir vécu la violence.

La vision de la Commission d’enquête consiste à établir les fondations qui permettent aux femmes et aux filles autochtones de retrouver le pouvoir et la place qui leur reviennent.

De par la riche diversité des peuples autochtones, cette réappropriation prend différentes formes en différents lieux. Les Premières Nations, les Métis et les Inuits ont leurs cultures, leurs langues et leurs modes de vie respectifs. Leurs communautés possèdent leurs propres systèmes politiques, juridiques, sociaux, culturels et économiques. Pour cette raison, il ne peut exister d’approche universelle, « panautochtone ». Les solutions doivent au contraire être adaptées sur le plan culturel aux femmes et aux filles métisses, inuites et des Premières Nations, à leur communauté respective, et à leur Nation.

Notre mission

Nous découvrirons la vérité en réunissant les histoires de nombreuses personnes.

Ces vérités, mises ensemble, tisseront une toile qui illustrera ce à quoi ressemble véritablement la violence pour les femmes et les filles autochtones au Canada.

Nous recueillerons cette information de plusieurs façons :

Par des audiences
communautaires, des audiences institutionnelles et des audiences d’experts et de Gardiens du savoir

Par des recherches passées et actuelles

Par des collaborations avec les Aînés et les Gardiens du savoir

Par des analyses judiciaires de dossiers de la police

Notre recherche se fait dans l’observation d’une méthodologie autochtone de la recherche. Elle est régie par les lois et les principes éthiques traditionnels, qui affirment la résistance et la resurgence des femmes et des filles autochtones, y compris les membres des communautés 2ELGBTQ. L’expérience des femmes autochtones guidera notre vérité à chaque étape de ce périple.

Nous honorerons la vérité par l’éducation du public.

Pendant trop longtemps, les femmes et les filles autochtones ont été dénigrées publiquement ou ignorées. La perception générale de la population s’est construite sur des stéréotypes coloniaux néfastes. Les gens oublient facilement que chaque femme ou fille autochtone, peu importe la façon dont elle est morte ou ce qu’elle a éprouvé, possède une force inhérente et une valeur sacrée. Nous devons transformer le dialogue national sur les femmes, les filles et les membres des communautés 2ELGBTQ d’origine autochtone. S’ils souhaitent créer de solides bases pour la guérison, la justice et la réconciliation, les gouvernements et les organisations peuvent et doivent changer. Il en va de même pour les attitudes de notre société et la façon de comprendre la situation et les problèmes qui s’y rattachent.

Cette éducation du public débute par la mise en place de mesures permettant aux membres des familles et aux survivantes d’exprimer leurs vérités. Elle se poursuit au fur et à mesure que les Canadiens en apprennent davantage sur la réalité des femmes, des filles et des membres des communautés 2ELGBTQ d’origine autochtone. La population, autochtone et non autochtone, aura l’occasion d’en savoir plus sur le pouvoir et la place qui reviennent aux femmes autochtones : leurs rôles historiques et actuels, leur leadership, et ce qu’elles ont à offrir.

Les audiences communautaires et institutionnelles, de même que les témoignages d’experts fourniront nombre de ces occasions d’apprentissage. Enfin, nous honorerons la vérité dans nos conclusions, nos recommandations et nos rapports, ainsi que dans d’autres documents destinés à l’éducation du public. Autant que possible, nous publierons l’information dans différents formats (audio, vidéo, visuel, papier) pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre possible.

Nous donnerons vie à la vérité en créant un héritage vivant, sous forme de commémorations et d’expressions artistiques.

Toutes les personnes touchées pourront participer au processus de l’Enquête nationale en soumettant une réponse artistique dans le médium de leur choix, ce qui contribuera à créer des archives publiques axées sur le vécu des femmes et des filles autochtones.

De concert avec les membres des familles et les communautés, nous formulerons des recommandations sur les meilleures façons d’honorer la mémoire de celles que nous avons perdues. La commémoration publique constitue une stratégie puissante pour faire en sorte que la souffrance éprouvée par les survivantes soit enfin reconnue. Elle permet également aux familles de montrer au Canada que leurs proches étaient chéries et que leur présence leur manque toujours.

Plus important encore, nous donnerons vie à la vérité en enseignant à nos enfants et à nos jeunes et en apprenant d’eux. Nous devons les soutenir le mieux possible dès maintenant, pour les aider à bâtir leur avenir sur des assises plus sûres et plus solides.